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Deux ans après son lancement, le restaurant Alcool bat son plein. Les deux chefs Rickey et G-man ont une clientèle fidèle et préparent les plats à base spiritueuse qui ont fait leur réputation. Tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'une mauvaise critique laisse entendre que le célèbre chef Lenny Duveteaux, leur "discret" bienfaiteur, a des projets bien à lui. Au même moment l'excentrique D.A Placide Treat accuse Lenny d'activités criminelles graves. Rickey et G-man décident alors de mettre fin à leur collaboration financière avec ce dernier. Quand un restaurant de Dallas offre à Rickey un job de consultant en or, c'est l'occasion rêvée pour les deux associés de renflouer leurs comptes. Mais si Rickey accepte la proposition, il devra travailler avec Cooper Stark (un chef avec qui il avait eu une violente confrontation cocaïnée lorsqu'il était encore élève à l'école de cuisine), et Frank Firestone, un restaurateur texan surexcité. Sous la pression de G-man, Rickey finit par accepter. Il renouvellera le menu du restaurant de Firestone et mettra la critique à ses pieds.

Plus d'informations sur le site de l'éditeur, Au Diable Vauvert, et de l'auteure, Poppy Z. Brite.

Ce que les critiques en disent :

"Cette trilogie culinaire ... n’est pas seulement un bonheur pour son auteur. C’est aussi et avant tout, un pur bonheur de lecteur." (discordance.fr)
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"Une fois encore, Poppy Z. Brite prend un malin plaisir à mélanger chronique de moeurs, intrigues de couloirs dans l'univers des grands chefs et polar, dans un deuxième volet au rythme toujours aussi vif et savoureux. La Belle Rouge s'imposera donc facilement comme le petit "plaisir interdit" de cette rentrée littéraire. A consommer sans modération bien évidemment."
(fluctuat.net)
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Extrait de La Belle Rouge (titre original : Prime)

"Encore grésillante lorsqu'on la posa sur la table, la côte de bœuf était noyée sous une flaque de beurre et presque aussi massive que sa tête. Mais à quoi d'autre avait-il bien pu s'attendre ? Il aurait dû s'arrêter dans une des petites gargotes mexicaines qui pullulaient alentour. Dans un soupir de regret, il découpa un morceau de viande puis le porta à sa bouche.

"Oh putain, la tuerie."

Soudain, le monde sembla s'arrêter de tourner. Happé par les subtiles saveurs qu'exhalait ce bœuf rassis, Rickey ne fut bientôt plus que jouissance gustative. Autour de lui, le fracas des couverts s'entrechoquant, les sonneries de portables, les récits rocambolesques suintant la vantardise se firent lointains, jusqu'à s'amenuiser en un bruissement sourd. Tout d'abord, il fut assailli par le goût du bœuf tel qu'il le connaissait : dégageant ses puissants arômes de fer et de charbon avec une intensité peu commune, il demeurait tout de même familier. Vint ensuite une saveur très proche de celle du fromage, qui, guère déplaisante, évoquait un bon parmesan reggiano bien fait, granuleux. Mettant tous les sens en émoi, la fusion de ces deux couches sapides revêtait des allures de rencontre sensorielle entre le gastronome et la viande. Comment cela était-il possible ? Lui qui avait mangé des kyrielles de morceaux de bœuf, voila qu'il revivait l'épiphanie de sa première confrontation avec le foie gras, puis celle de sa découverte des huîtres fines et bien iodées de la côte nord-ouest du Pacifique, si différentes des huîtres du golfe, grasses et doucereuses, qui avaient bercé sa jeunesse. D'emblée, il sentit que cette expérience venait d'engendrer un souvenir gustatif qui resterait à jamais gravé dans sa mémoire, une réminiscence indélébile qu'il n'aurait de cesse de ressasser jusqu'à la revivre." (p.269)

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