Kari d'Amruta Patil

L'histoire s'ouvre sur un double suicide : Kari et Ruth, jadis inséparables, se jettent d'un toit. Cette métaphore de leur rupture amoureuse, fil conducteur du récit, se prolonge à travers le livre : tandis que Ruth est sauvée par un filet en bas de l’immeuble et s’enfuit, Kari tombe dans un égout et tente, tant bien que mal, de refaire surface. Ruth est partie. Kari, elle, reste enfermée dans cette grande ville enfumée et mystérieuse qu’on devine être Bombay.

En courts chapitres, elle nous raconte sa vie, son quotidien, celui d’une jeune fille rebelle qui assume pleinement son homosexualité dans une société partagée entre tradition et modernité. Un univers poétique, sombre et attachant pour dire les choses de la vie commune : son emploi dans la pub, son appartement en collocation, sa chef de bureau atteinte d’un cancer, les chats errants du quartier… Usant de mélanges d’influences, de genres, de matériaux, Amruta Patil explore avec un talent immense et une intensité puissante la palette de ses états d’âme. Les traits rugueux au fusain confèrent à l’ensemble un côté brut, une existence croquée, en cours de formation, comme Kari elle-même qui se cherche, tâtonne et dissèque le cœur de la mégalopole triste. Dans son errance, elle parcourt les chemins de la solitude, de la mort, de l’absence de l’Autre. Au détour d’une page apparaît parfois une pointe de couleur : comme l’humour brutal de la narratrice, ces oasis colorées apportent un souffle de vie, une touche d’espoir dans l’univers claustrophobe d’une cité qui aliène et oublie.

Teintée de mythologie, d’espoir, de colère et de poésie, Kari est un voyage, une quête pour trouver un remède à la douleur de l’Amour.

Plus d'informations sur le site de l'éditeur, Au Diable Vauvert
et sur la page Facebook dédiée à Kari.

Découvrez l'oeuvre d'Amruta Patil sur son blog, Umbilical et à travers les interviews suivantes :
kari-perso.jpg

La force tranquille
(evene.fr)

Retenez bien ce nom : Amruta Patil !
(le post.fr)

Kari, d’Amruta Patil, premier roman graphique lesbien d’Inde
(yagg.com)

Interview d’Amruta Patil pour la sortie de Kari
(bande.dessinee.info)

Ce qu'en disent les critiques :

"Kari est au roman graphique indien ce que Persepolis de Marjane Satrapi est à la bande dessinée européenne. Ce genre narratif voit enfin le jour en Inde : sous la plume d’une femme, naturellement."
(trendylicious)
Lire l'article

"Même dans les instants les plus poétiques, les plus tristes, Kari ne se départ jamais de son ironie et de son recul, capable de se moquer d'elle-même, de rire de la maladie et de se jouer de la mort, faisant de cette histoire de perte et d'abandon un livre léger et attachant."
(Anne-Claire Norot, LES INROCKUPTIBLES)
voir l'article en annexe

"Kari se pose en ode au voyage, une ode teintée de poésie, de colère et d’espoir. A découvrir."
(planetebd.com)
Lire l'article

"Kari mérite que l’on s’y intéresse au-delà de l’engouement actuel pour tout ce qui vient d’Asie. Si l’entame de cette histoire reprend le thème, cher à cette partie du monde, du double suicide des amants, il s’agit de l’une des rares concessions d’Amruta Patil à la tradition, pourtant si vivace, sous de multiples formes, en Inde." (actuabd.com)
Lire l'article

Extrait de Kari (titre original : Kari)


"Mon canoë est aiguisé comme une lame. Je navigue sur les petites artères, esquivant tous les obstacles, cap sur l'endroit où les idoles engorgent les égouts. Puis je m'aventure dans le cloaque. Des monceaux, des carcasses et des sacs plastique. Ce n'est pas de l'eau, c'est un épiderme grisâtre, le corps décrépit de la ville qui fourmille au-dessus. Si je l'effleure de mes doigts, peut-être que les sillons se rideront et rouilleront ma peau à jamais ? Je me ravise et m'en retourne en ramant comme un dieu. Pas une éclaboussure ni un bruit n'ébranle l'eau fangeuse." (p.93)

→ Lire la bio de Morgane Saysana
→ Liste des publications